jeudi 21 septembre 2017

Ce soir, j'ai soif des medahates de cheb.... SOFI

le blog de cheb Sofi

mercredi 20 septembre 2017

Et si on faisait les choses .... Simplement ?

lundi 18 septembre 2017

Boukrouh appelle à une révolution citoyenne...dans l'indifférence générale !

et ...IL SE DONNE COMME PERSPECTIVE UN CHANGEMENT PACIFIQUE DU SYSTÈME !!

Notes Perso :

les convictions et les désirs pacifiques de notre intellectuel et homme politique Noureddine Boukrouh aussi honorables et respectables soient elles restent avant tout.... des convictions personnelles et individuelles ! certes partagées par la population c'est certainement vrai, mais d'autres convictions existent et sont aussi hélas largement partagées elles aussi, à savoir la peur atavique de la guerre civile et donc le prédominant "wait and see" qui a un peu trop duré malgré les supercheries des années 90 et 2000..2010..

au lieu de suivre un mot d'ordre théoriquement le plus simple et le plus "productif" à savoir justement "la PERSPECTIVE UN CHANGEMENT PACIFIQUE DU SYSTÈME", le peuple lui préfère et se reconnait plus volontiers dans nos "constantes populaires" censés plus "solides" et incontestables comme : inchallah, allah yahfadh, takhti rassi, allah yastar, wallah ceci wallah cela, et le pompon c'est l'hypocrisie maladive autour de la religion et le reste !

ce que je crois moi, que je ne souhaite évidement pas ( il vaut mieux préciser, on a tendance à trop confondre croire et souhaiter ) à terme, c'est le chaos assuré ! tous les facteurs concourent pour cela, sauf miracle ou une baraka...... qui viendrait du ciel ?

reste qu'il faut relayer les bonnes paroles, et c'est l'objectif de ce billet. merci Boukrouh.

je vais inclure dans ce même billet, un excellent article qui correspond à ce que je pense avec des variantes évidement propres à chaque pays, mais TOUS les pays sont concernés et précisément le notre dans cette période d'incertitudes.

Attendu sur la suite à ses écrits sur l’armée et sa charge contre le président Bouteflika, l’ancien ministre du Commerce, Nordine Boukrouh, vient de lancer une initiative pour le changement du système.

Son initiative consiste en un appel à tous les Algériens à se rassembler autour de la nécessité de changer le système par des moyens pacifiques. Ni marches, ni armes, ni autres violences qui risquent de replonger le pays dans la tragédie des années 1990. Le mode d’emploi, énonce l’ancien président du parti le PRA, est le débat, le dialogue et le travail de proximité pour convaincre les Algériens d’adhérer à cette démarche.

Ce rassemblement auquel il appelle s’articule autour de quatre mots d’ordre qui ont constitué les thèmes de ses dernières sorties médiatiques. Non au recours à la planche à billets pour payer les salaires ! Non à un cinquième mandat ! Non à une succession arrangée d’en haut ! Et enfin, non à l’instrumentalisation de l’ANP, des collectivités locales, des services de sécurité et de la justice pour pérenniser un pouvoir devenu illégitime et nuisible à l’intérêt du pays !

Le but est d’arriver à organiser des élections totalement transparentes et absolument sincères. “Une révolution citoyenne”, intitule Boukrouh son initiative qu’il qualifie de révolution morale. “Une révolution morale est la prise de conscience, quand tout va mal et de travers, quand on sent qu’on est cerné par le danger et qu’on est sur une mauvaise route, qu’on doit changer sa vision des choses et de direction. C’est une prise de conscience collective et simultanée. On ressent alors le besoin de faire mieux, d’aller vers mieux, de construire un autre modèle de vie que celui qui a été sanctionné par l’échec. Une révolution citoyenne est le mode opératoire qu’on adopte pour changer pacifiquement l’état de choses en question. La communion dans un sentiment commun s’accompagne de l’évidence que nul ne peut, à lui seul, créer le changement, qu’il doit être l’œuvre du plus grand nombre possible et avoir pour finalité le bien de tous”, a-t-il détaillé dans son appel. Cependant, précise-t-il, il ne s’agit pas de se soulever, évoquant les risques de dérapages vers la violence, mais de se lever. Une sorte de révolution pacifique, estimant que le peuple est mûr pour franchir ce pas. “On peut agir de concert sans se connaître, sans se rencontrer, sans se réunir, et par des procédés uniquement légaux et démocratiques. Il existe aujourd’hui des techniques plus efficaces que les armes, l’action clandestine ou les tracts pour faire connaître sa cause, convaincre les autres de sa justesse, en débattre et mobiliser autour d’elle”, écrit Boukrouh.

Cependant, au-delà de la situation du pays que l’ancien ministre décrit dans un sombre tableau porteur de dangers pour sa cohésion, une sorte de sursaut de patriotisme, il est difficile de déceler les motivations de l’ancien chef du PRA. Cela d’autant que dans une récente contribution dans la presse, il a exclu toute ambition politique personnelle. Cela d’autant aussi qu’il a souligné qu’il se dédouane d’appartenir à une quelconque chapelle politique. Lui qui s’est retiré de la vie politique depuis sa sortie du gouvernement.

L’on se rappelle, néanmoins, le rôle qu’il avait joué dans la violente campagne contre le président Liamine Zeroual en prenant pour cible son ami et conseiller, le général Betchine. Boukrouh y a joué à la fois le rôle d’acteur et de témoin dans ce scénario estival de 1998 qui a conduit à la démission du président Liamine Zeroual et à l’organisation d’une présidentielle anticipée, trois mois après. Ce qui laisse planer le doute sur ses motivations quand bien même Boukrouh aurait pris, suivant ses écrits, ses distances vis-à-vis de la politique et des décideurs. Et l’on garde aussi de lui l’image de celui qui a qualifié le peuple algérien de “ghachi”, peuplade, qui sous-tend une immaturité. À se demander sur quel critère s’est basé Boukrouh pour déterminer qu’aujourd’hui, le peuple algérien est mûr !

Djilali B. pour Liberté dz

L’ère de la guerre

Devant les nombreuses questions que l’on me pose ici [dans le Donbass, NdSF] sur l’inaction des Français, j’ai eu l’idée d’écrire le scénario d’une nouvelle d’anticipation. Je n’ai pas la prétention de quelque vérité c’est pourquoi cette hypothèse est fictive, malgré tout, beaucoup me taxeront de complotiste, puisque c’est à la mode de mettre les gens dans ces cases et que ça semble rassurer.

D’autres sans doute me traiteront de traître mais ça, c’est déjà fait par une partie de ma propre famille qui, me voyant revenir à l’Est après que mes parents l’aient fui, n’ont rien compris à ma démarche, donc, ça n’a aucune importance pour moi. Voici donc ma nouvelle, (tout rapport avec des faits ou personnes existantes ou ayant existé sont fortuits puisqu’il s’agit de fiction).

Peut-il y avoir une révolution en France à l’heure où tout fout le camp ?

Ma réponse est non.

La Kaste qui nous espionne tout azimut sait que la colère gronde, son intérêt est de nous jeter les uns contre les autres, évidemment, de cette manière, nous ne nous en prendrons pas à elle (simplissime).

La Kaste a mis en place sa protection et pourra d’un simple signe, si une révolution se met en mouvement, déclencher une guerre civile. Elle a fait venir des mercenaires, (les mêmes qui sévissent dans le monde entier, au teint bien basané pour qu’on ne puisse pas les distinguer et surtout pour qu’on mette ceux qui leur ressemblent physiquement dans le même panier), nourri l’islamophobie, et à la moindre velléité d’une grosse colère contre elle, hop, séries de meurtres prenant pour cibles des « biens blancs », des enfants, attentats, et autres massacres structurés, agressions en nombre et dans beaucoup d’endroits à la fois pour que se déclenche une guerre civile.

Les amis de la Kaste ont l’habitude, ils font ça partout et tout le temps bien qu’ils réservent à la France un scénario spécial, normal car la France est un pays spécial.

La Kaste a bien travaillé en amont, elle a créé deux camps : les racistes islamophobes, en faisant venir un max de religieux intolérants, en les finançant ; et ceux qui sont contre eux.

Et le deuxième camp, celui qui soutient le gouvernement car éduqué aux médias-mensonges et ayant beaucoup à perdre, ceux qui optent pour considérer une partie des gens comme « les riens ». et ceux qui ne sont pas d’accord d’être « des riens ».

Vous remarquez que dans ces deux camps, il y a aussi une opposition. Mais vous remarquez aussi que beaucoup du premier camp (islamophobes) peuvent appartenir au deuxième (ceux qui voient les autres comme des « riens ») de la même manière que dans ceux qui s’opposent à l’islamophobie et qui n’acceptent pas d’être des « riens ».

La Kaste a également fait en sorte d’imposer une vision binaire « gentils, méchants » afin de taire toute critique, toute expression de critique.

Ainsi, si vous n’êtes pas d’accord avec le fait qu’Assad est un boucher, vous êtes un monstre, et si vous êtes d’accord, alors, vous êtes un gentil. Et elle a fait ça pour tout le monde, Maduro, Poutine, Orban, etc…

En fait la Kaste a simplement fait en sorte que le peuple n’ait aucun ennemi commun à combattre et surtout pas elle.

Du coup, sans ennemi commun, c’est le chaos et la guerre de tous contre tous, objectif de la Kaste.

Donc, non, il n’y aura pas de révolution parce que la Kaste mettra en branle une guerre civile.

La deuxième question est comment se fait-il que les gens semblent, en majorité endormis?

Je ne suis pas sûre qu’ils le soient, par contre, ce que je pense c’est que tout le monde n’est pas prêt à être mis au ban de la société, perdre ses relations sociales et regardé comme un mouton noir. Pour l’avoir vécu, je peux témoigner que j’ai perdu toutes mes relations ou presque dès lors que j’ai interrogé les gens sur le bien-fondé de l’action de mon gouvernement en France et à l’étranger. Mes remises en question ont dérangé beaucoup de gens de mon entourage, le résultat est que j’ai été rejetée. Il n’est pas facile d’être rejeté, c’est pourquoi je comprends l’inaction des gens.

La Kaste a atteint son objectif, j’ai vu dans mon entourage professionnel et social, de plus en plus de gens n’osant plus s’exprimer de peur d’être mis dans la case « méchants » et ne parvenir au final qu’à échanger sur des conneries, style, Rihanna, le dernier i-truc, le dernier jeu, la dernière série télévisée, etc…

Pourquoi j’ai tout de même persisté, malgré mon isolement de plus en plus flagrant ?

Parce que mon histoire personnelle m’a grandement aidée et que « être mis hors ban », je connaissais déjà depuis l’enfance puisque fille de réfugiés politiques. Pour moi, qui en avait tâté, cela représente beaucoup moins de souffrance que pour le citoyen lambda qui n’a pas eu à se construire une identité. Et puis, atout supplémentaire, j’ai une tendresse pour la solitude malgré le fait que comme tout le monde, j’ai besoin de vivre en société, heureusement, je suis rassasiée de peu de société du moment qu’elle soit de qualité (selon mes critères personnels, s’entend).

Voilà, c’est le scénario qui m’est venu pour écrire cette nouvelle qui je le répète ne prétend pas détenir quelque vérité et n’est qu’une simple fiction.

Cat

Volontaire dans le Donbass (humanitaire)

samedi 16 septembre 2017

Bouthaina Shaabane ( Syrie ) on ne réussit jamais rien par hasard !

La Syrie combattra toute force, y compris les milices soutenues par Washington

المستشارة السياسية والإعلامية في رئاسة الجمهورية الدكتورة بثينة شعبان

Un haut fonctionnaire de l’administration du Président Bachar al-Assad a déclaré vendredi que le gouvernement syrien lutterait contre toute force, y compris celles soutenues par les États-Unis, afin de réunifier l’ensemble du pays.

Déterminé à rétablir l'unité du pays, le gouvernement est prêt à combattre toutes les forces, y compris celles appuyées par les Américains, a déclaré l'un des principaux conseillers du Président syrien Bachar el-Assad, Bouthaina Shaaban.

suite de l'article sur spoutnik fr ( parmi les rares sources d'infos encore crédibles à mes yeux )

dimanche 10 septembre 2017

Cheba Amina Mektoub Rabi, Rare !!!

Séquence Nostalgie Années 80

الشابة امينة
 

mardi 5 septembre 2017

"H'dar Orouh" va il s'arrêter en Algérie grâce à Noureddine Boukrouh ?

Le débat que vient de relancer Mr Noureddine Boukrouh ( Président du PRA, ex Ministre du commerce ) à propos de la gouvernance calamiteuse sinon catastrophique du pays est utile et même salutaire dans cette période plus que périlleuse de fin de règne, il reste parmi les rares intellectuels et hommes politiques algériens à continuer à écrire avec pertinence malgré la....répression ou plutôt régression ( c'est plus grave encore ) sinon la décadence de l'immense majorité de la population !

voici le copié collé de ses échanges avec un militaire à la retraite

Du sens de la responsabilité

El Watan le 04.09.17

Par Ghediri Ali

Général-major à la retraite

Dans sa dernière contribution parue sur les réseaux sociaux, sous le titre «L’armée algérienne : une muette qui ne veut rien entendre», monsieur Boukrouh Nouredine s’est permis certaines digressions qui ne sauraient laisser indifférent plus d’un, tant le contenu contraste avec l’intitulé. J’ai estimé qu’il fallait lui répondre sur certains points qui me concernent es-qualité. Qu’il n’y trouve pas sujet à polémique, car tel n’est pas mon dessein. L’essentiel étant ailleurs.

Monsieur Boukrouh. J’ai toujours lu avec une attention et une assiduité particulières vos contributions. C’est plaisant de vous lire. La succulence des sujets que vous abordez n’a d’égale que la beauté du verbe dont vous maîtrisez si bien le maniement. Succulents, vos thèmes le sont, parce qu’il nous importe, en tant que citoyens, de constater que nous ne sommes pas les seuls à ressentir, impuissants — autant que vous —, les meurtrissures que ce pays, pour lequel autant de sacrifices ont été consentis, endure.

Voyez-vous, le sentiment de partage est en soi réconfortant. Il l’est en ce sens qu’on se surprend à croire profondément que, quelque part, tant qu’il existe des Algériens qui ont cette Algérie chevillée au corps et qui, plus est, l’expriment aussi vaillamment et en de si «belles lettres», comme vous le faites, nous sommes en droit de nourrir de bons espoirs pour ce pays. Somme toute, si abrupte la pente soit-elle, sa remontée, ensemble, la main dans la main, est à notre portée…

Je vous lis, monsieur Boukrouh, et je ne suis pas sans suivre la trajectoire de votre pensée où j’y perçois beaucoup d’amertume et d’inquiétude par rapport à l’état de notre pays et à son devenir. Je partage avec vous ces sentiments et je ne suis pas le seul à le faire. Je peux même, sans grand risque de me tromper, que c’est ce que ressent la majorité écrasante du peuple, y compris ceux que vous avez qualifiés dans votre contribution de déserteurs de la scène publique et de lâches en précisant toutefois, à qui veut l’entendre, que c’est aux «ex-ceci cela» que vous vous adressez. De ceux-là, je fais partie et je vous réponds en tant que tel. Les «autres» sont assez puissants et qualifiés pour vous répondre à leur manière.

Décidément, dans notre pays, il est devenu une habitude, voire de bon aloi, de tirer de tout feu sur les «ex-ceci cela». J’ai eu à dénoncer par le passé, à travers les colonnes de ce même journal, cette tendance qui se profilait déjà, lorsque ceux qui, après avoir bu le calice jusqu’à la lie et tiré toute la volupté que procure le compagnonnage des désormais ex., rien que pour s’en démarquer et se rapprocher du maître de céans, se sont mis à mordre la main qui a étanché leur soif. A vous, qui semblez si friand d’adages du terroir, je résume la chose par «Ekh ya maâza, ma fik hlib» (va-t’en chèvre, tu ne donnes plus de lait). Il m’est difficile — et je m’interdis — de vous aligner parmi cette vermine parce que, ne serait-ce que sur le plan intellectuel, vous les surclassez.

Néanmoins, traiter de lâches ces «ex-ceci cela», c’est non seulement aller vite en besogne, mais c’est faire preuve d’incorrection et de méconnaissance de la réalité nationale, voire de malhonnêteté intellectuelle. Et ce serait insulter votre intelligence que de vous rappeler que par la force de la loi dont vous avez évoqué la promulgation, ces «ex-ceci cela» ne sont plus des citoyens à part entière dans cette Algérie du XXIe siècle… Vous, vous l’êtes. Le droit de s’exprimer sur la chose publique leur est désormais interdit, au risque de poursuites pénales… Malgré cela, ils continuent à dénoncer ce qu’ils considèrent attentant à ce pays et à son peuple. Ils le font publiquement, ici, en Algérie, à Alger. Ne croyez surtout pas, Si Nouredine, qu’ils n’en payent pas le prix ! Ils le payent chèrement. Y compris leur progéniture et leur famille y passent. Vous, monsieur Boukrouh, qui ne courez pas ce risque, osez ! Sacrifiez vos enfants et vos proches comme nous le faisons et traitez-nous par la suite de lâches, ou plus, si ça vous chante ! Ces «ex-ceci cela», s’ils tenaient à leur confort matériel, comme vous les accusez, ils auraient agi comme tant d’autres.

Et, contrairement à ce dont vous semblez être convaincu, ils ne se sont pas enrichis, ils vivent de leur pension de retraite pour la plupart. Ils vivent ici dans leur bled, citoyens, parmi leur peuple, leur «ghachi» avec lequel ils se confondent, et dont ils partagent le bonheur, les vicissitudes et les inquiétudes. Ils vivent avec la certitude du devoir accompli après avoir assumé leur rôle d’élite, dignement, sans tapage, avec responsabilité, refusant la platitude et l’asservissement. Ils n’ont fait allégeance à personne.

Leur seul crime est d’avoir refusé de faire partie de l’orchestre jouant la symphonie des louanges qui n’a d’autre fin que celle de faire mouvoir le bal des ego. Que ceux qui n’ont de cesse d’accorder leurs instruments pour jouer la bonne partition n’y aillent pas de main morte dans ce monde de paillettes où l’apparat l’emporte sur la consistance. Et, si tel est leur choix, nous ne pouvons que le respecter. Qu’ils y excellent et que grand bien leur fasse. Quant aux autres, ces «ex-ceci cela», s’ils ne l’ont pas fait, c’est par conviction. Car telle est l’expression de leur honneur militaire, de leur courage de soldat, de leur dévouement à la patrie et de leur conscience nationale que vous semblez ne percevoir que par la négation. Ne serait-ce que par égard à une aussi noble posture, ils ne méritent pas qu’on attente aussi violemment à leur dignité. Les mots sont porteurs de sens.

Décidément, la sagesse semble avoir pris la terrible décision de déserter nos contrées. Tournant le dos à la nation, elle l’a laissée livrée au désarroi et au désespoir… Désemparées, les masses succombent facilement dans la crédulité. Désormais, on leur fait tout admettre. C’est ainsi que l’envers se substitue à l’endroit, le pire au meilleur et la subsistance à la vie. Et, dans pareil décor, que l’on ne s’étonne pas de voir que les héros d’hier soient traités de lâches !

Monsieur Boukrouh, les «ex-ceci cela» ne sont pas les «suppôts» du pouvoir. Ils ne sauraient l’être pour les raisons objectives, qu’en tant qu’ex-président d’un parti politique et ex-ministre sous ce même régime, vous ne pouvez prétendre les ignorer. Vous voyez, monsieur l’ex-ministre, de ce pouvoir que vous n’avez de cesse de décrier, qu’en matière d’«ex-», vous faites partie du lot de l’infamie. Pourtant, personne n’a osé vous traiter de lâche. Réfléchissez à la question. Peut-être que le champ de la lâcheté n’est pas celui que vous avez désigné dans votre écrit.

Ce n’est sûrement pas à un homme de votre trempe que je vais faire un descriptif du pouvoir. Vous en avez fait partie. Aussi n’êtes-vous pas sans ignorer que le régime, s’il survit, ce n’est pas tant parce qu’il est porté par une base populaire majoritaire, encore moins par la fidélité sans faille de ceux qui se prévalent d’en être les partisans inconditionnels, mais davantage par l’esprit de servilité qui anime ces derniers, mus qu’ils sont par l’appât que constitue la rente dont le pouvoir seul détient les cordons.

Somme toute, ils n’en sont qu’une excroissance, des pseudopodes sans d’autres horizons que celui qui les maintient en vie. Laudateurs, leur hauteur de vue ne peut dépasser la taille du rocher vivier… celle de leur maître du moment. Ils l’érigent en leur source d’inspiration. Ils épousent les contours de son discours, veillant toujours à l’amplifier sans se soucier de sa consistance. C’est le terreau par excellence d’où ils puisent leurs idées pour embellir davantage leurs propres discours forcément flatteurs, monoproduction vivrière de leur terre stérile.

Quant à l’ANP, j’aurais aimé ne pas en parler. Elle a ses tuteurs, que vous semblez avoir pris grand soin à ménager, préférant vous attaquer aux ex-. Mais, si j’en parle, c’est parce que vous avez lié sa puissance aux seuls aspects technologiques. C’est donc sur un plan strictement technique que je vais aborder le sujet. J’y ai passé quarante-deux années de ma vie. Pour y avoir passé vingt-six mois et avec le background intellectuel qui est le vôtre, vous n’êtes sûrement pas sans savoir que toute armée nationale est une institution et, en tant que telle, elle repose sur un socle de valeurs.

Celles dont se prévaut l’ANP sont les valeurs que la glorieuse ALN lui a laissées en legs. Elle les a faites siennes. Et ce n’est nullement un hasard qu’elles aient été sanctifiées par le statut général des personnels militaires. Il s’agissait, dans l’esprit de ses initiateurs, de consacrer statutairement une fidélité aux idéaux de la grande Révolution de Novembre. Sans être exhaustif, j’en cite les plus déterminantes tels que l’esprit de sacrifice, l’abnégation, le don de soi et le désintéressement matériel.

Ce sont les valeurs qui par leur caractère mobilisateur amplifient les déterminations des individus et des groupes sociaux. Elles leur font transcender leur faiblesse, y compris d’ordre technologique. Grâce à elles, les nations, dont la nôtre, se sont libérées et qui, une fois l’indépendance acquise, ont servi de ferment à leur développement économique et à leur évolution sociale. La technologie n’est qu’un moyen que la volonté des nations d’aller de l’avant finit, nonobstant les difficultés, par maîtriser. Les exemples à travers la planète sont légion. Quant à l’usage qu’on en fait, ceci relève d’une autre problématique. Il en est autant d’ailleurs des peuples.

«Les choses qui vont sans dire allant mieux en les disant», aviez-vous postulé dès l’entame de votre contribution, avant d’appeler que des voix fortes appellent à la sagesse et à la conscience patriotique des responsables. Le ton dont vous usez pour vous adresser à ces derniers contraste singulièrement avec celui auquel ont eu droit les «ex-ceci cela», quoique les premiers, en toute logique, sont plus à même de mériter votre ire pour leurs manquements à l’égard de l’Etat, de la nation et de l’Etat-nation qui pâtissent dangereusement de leur mode de gouvernance, que vous n’avez d’ailleurs de cesse de dénoncer.

Il s’agit de toute évidence d’un recul, tactique ou stratégique, c’est selon votre trajectoire. Je vous l’accorde. Il est plus aisé de tirer à boulets rouges sur des ex- que sur les maîtres du moment. Où est l’honneur et où est le courage dont vous avez pourtant dénoncé l’absence chez les ex- ? Tel est mon constat. Je vous le livre tel que je le ressens.

Quant à votre appel devant émaner «min djiblina wa min soudourina», à mon avis, l’Algérie, contrairement au Nouveau Monde et à d’autres contrées, n’est le fait ni d’explorateurs, ni de pionniers, ni de quelque responsable vivant si vaillant soit-il. Son peuple n’a pas jailli ex-nihilo. Il était là sur cette terre, sa mère nourricière, la cultivant, la travaillant et la défendant lorsque l’étranger voulait la lui ravir. Il l’a abreuvée, depuis Gaïa, de son sang.

Du sang, elle en regorge. Elle est le fait d’une lutte continue d’un peuple pour sa liberté. C’est précisément cette continuité qui a forgé en lui cette humeur collective que Germaine Tillion, dans une approche comparative avec nos voisins maghrébins, qualifie d’extrêmement revendicative et peu portée à l’abdication. Autrement dit, cet esprit de résistance, ce germe de rébellion qu’il porte en lui et qui, tel un gène, est transmis de génération en génération. Cet esprit de vaillance et de rébellion n’est pas sans forcer l’admiration des autres à notre égard, nonobstant nos défauts. Pour ma part, je reste persuadé que c’est cet esprit qui prévaudra lorsque l’heure des grands choix sonnera.

Ceci étant, s’il fallait qualifier quelque groupe social de lâche, l’attribut aurait convenu davantage à toute une génération — la vôtre, la mienne — qui n’a pas su — ou pu — assumer le rôle historique qui lui échoit. Cette génération qui a, sans cesse, tourné le dos à l’histoire. Elle s’est toujours dérobée derrière des subterfuges que seuls les lâches sont capables de produire à satiété pour justifier leur manquement face à ses sempiternelles interpellations.

Aussi, monsieur Boukrouh, s’il fallait à tout prix faire endosser ce vil qualificatif à une catégorie, c’est bien à notre génération, notamment à son intelligentsia, qui n’a pas su faire montre de responsabilité. Vous en faites partie autant que moi. C’est derrière ce rempart que se terrent le désordre constitutionnalisé et le despotisme institutionnalisé que vous dénoncez. Nous sommes tous responsables devant l’histoire d’avoir accepté — car qui ne dit rien consent — l’accaparement de notre identité nationale par une minorité, de notre religion par une bande d’illuminés enragés, de notre histoire par une génération et de nos richesses par une oligarchie.

Pour ma part, je reste convaincu que nul n’a le monopole de l’amour de ce pays, autant les individus que les générations et que, s’il fallait reconnaître une pérennité, après celle d’Allah, c’est celle de l’Algérie. Œuvrons, par-delà nos différences et nos convictions, à sa sauvegarde, même s’il faille consentir le sacrifice suprême. Telles sont les limites que ceux que vous qualifiez de «lâches» sont prêts à franchir.

Je termine par une citation d’Albert Camus, que j’estime bien «coller» au sujet : «Pour qu’une pensée change le monde, il faut d’abord qu’elle change la vie de celui qui la porte. Il faut qu’elle se change en exemple.»

fin du texte

Réponse de M. Noureddine BOUKROUH au GENERAL-MAJOR GHEDIRI Ali

Mon général,

J’ai lu avec un plaisir quelque peu gâté par une pointe de regret votre réponse à mon interpellation des responsables actuels et passés de l’ANP après les évènements choquants qui nous ont été donnés à vivre le mois dernier. Je n’aurais rien ajouté à ce que vous avez si bellement écrit, vous aussi, s’il n’y avait ces compléments à vous proposer pour la justesse de votre idée sur ma démarche .

Cette pointe de regret est apparue en moi dès les premières lignes en découvrant qu’il y avait erreur sur la personne. Vous avez en effet construit votre texte sur un malentendu. En affirmant « de ceux-là, les « ex-ceci et cela », je fais partie et je vous réponds en tant que tel », vous vous êtes placé parmi la poignée d’ex-hauts responsables alors que vous n’en faisiez notoirement pas partie. Rassurez-vous, vous êtes innocent. Estimez-vous heureux, votre honneur est sauf et personne ne vous demandera de comptes.

Je n’ai pas visé les retraités de l’ANP, quel que fut leur grade, mais les anciens hauts responsables de l’ANP qui ont ramené l’actuel Président qui ne veut plus partir quoiqu’il arrive au pays. Vous avez écrit : « J’ai estimé qu’il fallait répondre sur certains points qui me concernent es-qualité » sans nous révéler cette qualité ni répondre en fait à ces points. Quelques lignes plus loin, pourtant, vous vous ravisez en notant : « Quant à l’ANP, j’aurais aimé ne pas en parler. Elle a ses tuteurs… », reconnaissant que vous n’avez pas été un de ces « tuteurs ». Mais là où vous glissez sans vous en rendre compte dans… comment dirais-je… une forme de… disons « déformation des faits », c’est lorsque vous enchaînez insidieusement : « elle a ses tuteurs que vous semblez avoir pris grand soin (à) ménager, préférant vous attaquer aux « ex »… Il vous suffisait de simplement lire le texte pour constater que c’est le contraire que j’ai fait. J’ai nominativement cité le Vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’ANP, pour lui reprocher le manque de pertinence qui a caractérisé ses dernières déclarations. Y a-t-il plus élevé que lui dans l’Armée, général ? Le Président de la République ? Il en a pris pour plus que son grade dans cet écrit et d’autres.

Voici les passages en question qui vous ont, je ne sais comment, échappé: « Il importe en effet de préciser que lorsqu’on évoque cette institution, c’est son haut-commandement qu’on vise et non l’ensemble des forces terrestres, aériennes et maritimes avec leurs effectifs, leur encadrement, leurs équipements et les services de sécurité qui en dépendent… On ne peut pas dire qu’elle soit muette car elle s’exprime régulièrement surtout quand il s’agit de rappeler, comme vient de le faire le général Gaïd Salah à Constantine, qu’elle est une « armée républicaine ». Faut-il encore que nous nous entendions sur le sens de cette expression, général, car « hna yekhtalfou-l-oulama »...

Dans la réalité, l’Armée algérienne est devenue sous la chefferie du général Gaïd Salah l’Armée du Président, lequel président et ministre de la Défense nationale a changé la Constitution plusieurs fois durant ses quatre mandats pour en faire un habit sur-mesure, un justaucorps qui lui colle à la peau comme l’habit porté par certains artistes ou sportifs. Quel sens peuvent revêtir des déclarations d’allégeance à la République quand cette allégeance ne va pas au « peuple souverain » mais à un homme invisible, inaudible et notoirement dépourvu de ses moyens physiques et intellectuels ? Quand le haut-commandement de l’Armée, à la suite d’un enchaînement de décisions et de restructurations, est devenu le bras armé et ponctuellement menaçant d’un régime moribond, d’un pays sans gouvernance et d’un Etat qui n’est plus Gérant ou Garant, mais tout simplement Errant ?

Le chef d’état-major de l’ANP affirmait récemment avec une autosatisfaction qui m’a rappelé Saddam Hussein que notre Armée comptait parmi les plus puissantes au monde. Là ausssi « yekhtalfou-l-oulama », général !

Car le savoir universel enseigne et l’expérience des dernières guerres montre qu’une armée qui n’est pas adossée à une économie et des technologies indépendantes et performantes, qui ne produit pas les matériels requis par la guerre moderne mais les achète, qui ne possède pas une industrie capable de produire de l’armement conventionnel et stratégique, est une armée juste bonne à réprimer le petit peuple pour qu’il plie devant le despotisme d’un tyranneau de douar ou d’une smala… » Il apparaît donc clairement que c’est à tort que vous avez écrit à mon sujet : « Il est plus aisé de tirer à boulets rouges sur des « ex » que sur les maîtres du moment. Où est l’honneur et où est le courage dont vous avez pourtant dénoncé l’absence chez les « ex » ? »

Il vous a inexplicablement échappé, une fois encore, que dans le même article j’ai évoqué le procès que m’a intenté le ministère de la Défense nationale en 1991. Ne s’agissait-il pas des « maîtres du moment » ? Vous en connaissez beaucoup qui ont « osé » à ce point par écrit, pas de bouche à oreille ? Montrez-les. Vous-même, vous vous y êtes essayé ?

Vous voulez d’autres preuves, liées à un autre contexte ? Elles sont, notamment, dans cet article que j’ai publié dans « Le Soir d’Algérie » du 10 juin 2015 sous le titre de, ô coïncidence ! « Ne serions-nous plus que des lâches ? »:

« Si Gaïd Salah n’avait été qu’un maréchal-ferrant veillant au bon état des sabots des mulets de son douar, personne ne se serait intéressé au message d’allégeance qu’il vient d’envoyer à Amar Sâadani qui est le dernier « bounadem » en Algérie à mériter d’être placé à la tête d’un FLN même avili et traîné dans la boue par des décennies de servilité, car ce sigle reste quand même celui sous lequel sont tombés un million et demi de chouhada.

Mais il se trouve que Gaïd Salah est général de corps d’armée, chef d’état-major de l’ANP et vice-ministre de la Défense nationale, et qu’à ce triple titre il n’avait pas le droit d’adresser ce message au chef imposé du FLN ou de tout autre parti. Le droit n’étant pas de son côté, il ne reste que le mépris du droit pour expliquer cet acte sans pareil depuis 1989, année où l’armée s’est retirée officiellement de la vie partisane.

Auprès de qui peut-on se plaindre de cet attentat contre la morale publique, le droit, la démocratie et l’intérêt du pays ? Auprès de Dieu ? Il faudra attendre la fin du monde pour connaître sa décision. Auprès de l’Armée ? C’est lui l’Armée et elle est très disciplinée, assure-t-il. Auprès du « premier magistrat du pays » ? Il est depuis le viol de la constitution en 2008 le maître d’œuvre de tous les complots contre la morale publique, le droit, la démocratie et l’intérêt du pays, sans dire que le général en question est son adjoint préposé à la répression.

S’il n’y a rien à attendre de Dieu dans l’immédiat, si l’Armée reste muette devant les atteintes à la morale publique, au droit, à la démocratie et à l’intérêt du pays, si le « premier magistrat » n’est pas un recours mais la source de tous les problèmes, il reste l’ultime solution qui est nous-mêmes, le peuple qui, selon les termes mêmes de la constitution en vigueur, est le détenteur de la souveraineté nationale et du droit constituant… »

Cela vous suffit-il comme preuves de courage, mon général ?

Car je peux remonter à l’affaire Betchine en 1998 qui m’a valu d’être embarqué par la police et interrogé pendant deux jours au commissariat central. Vous étiez alors bien placé pour savoir qu’il était au faîte de sa puissance et l’histoire m’a consacré, à mon corps défendant d’ailleurs, comme son « tombeur »… avec de simples articles de presse ! Je peux remonter aussi aux années 1980 où j’écrivais déjà dans « Le socialisme de la mamelle » paru dans « Algérie-Actualité » du 10 octobre 1985 :

« Jusqu’à une date récente, pourquoi le cacher, on ne parlait pas à l’étranger de l’ « Algérie du FLN » mais de l’ « Algérie des colonels ». C’était surement une manière de piquer les Algériens, de les assimiler à ces nombreux pays africains prisonniers de la fatalité du coup d’Etat. Mais c’était aussi parce que le Parti du FLN n’apparaissait concrètement que comme un cadre théorique, une ombre fantomatique, une sorte de « ministère de la parole » aux missions irréelles qu’on sollicitait pour orchestrer une campagne de reboisement ou expédier une élection communale ».

Vous avez également écrit dans votre volonté de me réduire à un couard ou à un opportuniste : « Nous sommes tous responsables devant l’histoire d’avoir accepté, car qui ne dit (rien) consent... ».

Non mon général, moi je n’ai pas accepté et j’ai dit, ou plutôt écrit, NON ! Depuis 1971, et mes écrits des années 70, 80 et 90 sont pour la plupart sur ma page Facebook. Ils vous étonneront ! Voici quelques autres « preuves » qui, je l’espère, vous édifieront mieux sur mon compte que la rumeur et les approximations :

a) Dans « El-Moudjahid » du 15 avril 1981, j’ai publié « L’Algérien et le sens du monde » où je dénonçais le despotisme en ces termes : « L’euphorie des premières années de l’indépendance passée, et en butte à une réalité d’année en année plus difficile, les peuples de l’hémisphère Sud supportent de moins en moins le « droit divin de mal gouverner » de leurs dirigeants, ayant fini par comprendre la vanité des personnes, et par contre coup la nécessité d’institutions « capables de survivre aux évènements et aux hommes ». Echaudés par l’expérience du culte de la personnalité, de l’homme providentiel ou de la présidence à vie, ayant appris à leur détriment qu’un chef d’Etat pouvait ne se trouver être qu’un dément ou un sinistre bandit, persuadés enfin que « là où un homme est beaucoup, le peuple est peu de chose », ils abattent qui son Shah, qui son Somoza, qui son Bokassa ».

Ça ne vous rappelle pas quelque chose dans le présent, général ? Ça remonte pourtant à 36 ans !

b) Dans « Algérie-Actualité » du 4 octobre 1984, j’ai publié « Notre triangle des Bermudes » où j’écrivais : « Il faut craindre le jour où il n’y aura plus rien à dire, où aucune épithète ne conviendra pour traduire les formes de scepticisme ou de désespoir ressenti, où personne ne pourra plus rien reprocher à personne, où la force de l’inertie aura eu raison de la dernière énergie…

Notre pays est passé par une période de « delirium tremens » dont nos représentations mentales sont sorties profondément affectées. Nous en gardons encore des séquelles. Durant cette période, nous nous sommes imaginés devenus la Prusse de la Méditerranée. Nous avons pensé que la prospérité définitive n’était qu’à quelques barils de pétrole, juste à la sortie du deuxième plan quinquennal.

Nous avons compris la notion d’indépendance nationale comme autant d’indépendances qu’il y avait d’individus. On s’est gonflé la gandoura, on s’est monté le bourrichon, à tel point que nous avons basculé dans la mégalomanie. C’est ainsi que nous nous sommes inconsciemment (?) corrompus.

Entre l’épicurisme de quelques hauts responsables et le freudisme de beaucoup de dirigés, un modus vivendi s’est de lui-même établi, selon lequel la richesse nationale était à partager en fonction de modes d’appropriation particuliers à chaque catégorie. C’était presque de la rapine concertée.

Le choix du coupable n’est pas à faire entre le « système » et les hommes, si tant est que l’on puisse séparer le premier des derniers et l’habit du moine…

L’influence des hommes a pesé d’un poids trop lourd sur les affaires de la nation à toutes les échelles. La plus grande faute que l’on ait commise dans ce pays a été de méconnaître dans la pratique un postulat fondamental dans la vie des nations : les principes sont plus sacrés que la vie d’un homme ou d’un groupe d’hommes. Si la prééminence qui doit en toutes circonstances revenir aux principes, aux valeurs, aux idées, aux lois, est dévolue à la seule personne des hommes, rien ne pourra empêcher que tout le « système » soit grevé de leur marque propre et, partant, de leurs erreurs… Ce sont les édifices bâtis sur de telles confusions qui sont les plus prompts à s’écrouler. Ce sont les nations qui confient leurs destinées aux principes et aux lois qui perdurent… »

c) Le 1er novembre 1984, l’Algérie célébrait dans un faste dont vous vous souvenez peut-être, mon général, le trentième anniversaire du déclenchement de la révolution de novembre. Ce jour-là paraissait aussi un article de moi intitulé « Peuple et Histoire » dans « Algérie-Actualité » où, tempérant quelque peu l’enthousiasme qui s’était emparé de nous, je vous donnais rendez-vous, à vous et aux Algériens en … 2014 ! J’écrivais en effet : « Que sera l’Algérie dans trente ans, en l’an 2014 du troisième millénaire ? Nul ne saurait répondre à pareille question, certes, mais quand on connaît les règles d’airain et les théorèmes de la vie active dans l’Histoire, on peut se hasarder quelque peu et prononcer au moins sur l’essentiel… Puissions-nous mériter du noble sacrifice de nos chouhada et de nos moudjahidine, et figurer en ces temps-là parmi ceux qui ne seront pas les damnés de la terre ou les déshérités de l’espace intergalactique ».

La divine surprise est sous vos yeux, général, le 4e mandat et ses conséquences…

d) Dans « L’obligation des vivants », un article du 6 décembre 1984 dans « Algérie-Actualité », je revenais sur le sujet du despotisme : « Que de millions de vies humaines ont été sacrifiées sur l’autel de l’erreur par des dirigeants qui, se trompant sur l’art de gouverner ou de conduire les révolutions sociales, ont «polpotisé » leurs peuples à coups de sabre. L’ère des « Zaïms », des « Guides » et des « Petit père de la nation », n’est malheureusement pas close sur cette terre où l’on voit encore se lever des hommes leurrés se préparant à fourvoyer leur peuple dans des aventures comme celles qu’ont connues les peuples d’Egypte, de Guinée, ou du Chili ».

Général, vous vous êtes trompé sur moi et j’espère que vous allez vous corriger. Non pas pour moi, je suis habitué, mais pour mieux documenter les réponses que vous pourriez encore vouloir m’adresser à l’avenir. J’ai donné l’exemple comme le recommandait Camus, sauf qu’il n’y avait personne pour me comprendre dans mon pays et encore moins pour prendre exemple sur moi. Même aujourd’hui… Je n’ai pas été au bout du passage que vous avez commencé par « Nous sommes tous responsables devant l’histoire… » car j’avais hâte de vous démontrer que là aussi vous commettiez une erreur sur la personne, mais cette fois sur moi. Vous reconnaissez avoir « accepté » et ça vous honore, mais ne m’incluez pas dans votre « tous », s’il vous plaît, je n’y ai pas ma place.

Vous avez un sérieux problème de géolocalisation, général. Vous vous placez là où personne ne vous met, et placez les autres là où ils ne sont pas…

Je continue maintenant la citation : « … responsables devant l’histoire d’avoir accepté l’accaparement de notre identité nationale par une minorité, de notre religion par une bande d’illuminés enragés, de notre histoire par une génération… ». Voulez-vous que je vous montre les centaines de fois où j’ai écrit et parlé de ce que j’ai appelé les « açabiyates » que j’ai définies justement comme étant l’accaparement, etc ? Et cela dès 1989… Si quelqu’un d’autre prétend l’avoir fait exactement en ces termes, à commencer par vous, qu’il se fasse connaître. Je dis bien 1989.

Je n’ai pas abordé un volet que vous avez ouvert, ma participation au gouvernement - qui est distinct du « pouvoir » - et j’espère que vous ne l’ignorez pas. C’est parce qu’il me faudrait plusieurs pages de ce journal. J’en ai parlé par bribes dans mes écrits depuis 2011 ainsi qu’en réponse aux questions des amis de ma page Facebook à qui j’ai promis de le faire. Je crois que le moment approche…

Dans mon dernier article, j’ai interpellé les militaires-décideurs politiques, pas tous les généraux. Comme vous devez le savoir, on les comptait sur les doigts d’une main. Moi j’en ai connu un seul, le plus important, je l’ai nommé dans cet article, il a lu ce que vous avez lu, et sachez encore que je lui ai dit de vive voix plus que ce que vous avez lu.

Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Avec toute ma considération.

N. Boukrouh

Mise à jour : 8 septembre 2017

La réponse de M. Boukrouh à L’Armée

EXCLUSIF. La réponse de M. Boukrouh à “L’Armée” : “Je récuse menaces et intimidations d’où qu’elles viennent”

Il y a quelques jours j’ai publié sur ma page Facebook une opinion intitulée « L’Armée algérienne : une muette qui ne veut rien entendre ». Une « source autorisée » proche du vice-ministre de la Défense, chef d’état-major de l’ANP, a réagi à travers une déclaration à un journal arabophone. Y ayant vu un « droit de réponse », je l’ai postée sur ma page Facebook en la faisant suivre d’un article publié en 2015 sous le titre de « Peuples et armées ». Puis c’est un général-major à la retraite qui signe un article pour me donner raison sur le fond et me reprocher d’avoir été plus dur avec les anciens responsables de l’ANP qu’avec les actuels. Ayant considéré ses critiques comme un droit de réponse, j’ai reproduit son texte sur ma page Facebook, suivi de ma réponse. Quelle va être son attitude maintenant, j’aimerais bien le savoir.

En prenant connaissance hier de l’éditorial de la revue « El-Djeïch »(en français « L’Armée ») je me suis trouvé face à un triple embarras : comment répondre, à qui répondre et à quoi répondre ?

1) Comment répondre ? Parce que l’usage veut que lorsqu’un média vise quelqu’un par ses écrits, nominativement ou à travers une description permettant de le reconnaître, ce dernier peut se prévaloir du droit de réponse pour se défendre, surtout s’il estime atteint dans son honneur. Mais « L’Armée » y est-elle disposée ? Dans le cas contraire, y a-t-il un moyen de la contraindre au respect du droit des gens puisque nous sommes censés être dans un État de droit et non dans un parking sauvage ?

2) À qui répondre ? Parce que ce texte n’a pas été rédigé par une institution désincarnée, mais par un être humain. « L’Armée » étant la propriété du ministère de la Défense nationale dont le premier responsable est le président de la République, à qui adresser mon droit de réponse ? Contre qui déposer plainte, éventuellement, pour diffamation : le Président ? Le chef d’état-major ? Le directeur de la publication ? Le rédacteur de l’article ? L’État ? Et devant quelle juridiction, civile ou militaire ?

3) À quoi répondre ? À des injures me présentant comme un « mercenaire qui a vendu son âme au diable et mettant sa plume au service d’intérêts revanchards », formule éculée, remontant au Moyen Âge de la langue de bois, au temps de l’alchimie et de la sorcellerie ? Si j’ai vendu mon âme au diable et ma plume à des « intérêts revanchards », pourquoi ne pas avoir arrêté le premier et donné l’assaut aux seconds du moment que vous les avez localisés ? Ce n’est pas très militaire, çà ! Aucun ministère de la Défense au monde n’a rédigé un éditorial sous-tendu par des menaces à peine voilées contre un citoyen, jumelées avec un lynchage médiatique et la préfabrication d’ « affaires », méthodes auxquelles on reconnaît les voyous et les barbouzes, et non le mode opératoire d’un État de droit.

Monsieur l’ « Armée », apprenez que j’écris depuis près d’un demi-siècle dans la presse de mon pays bénévolement, alors que vous avez commis cet éditorial sur ordre et pour gagner votre bouchée de pain, ce qui vous place plus près de la définition du « mercenaire » que moi. Ma plume, monsieur, était très prisée du président de la République, commandant suprême des forces armées, pour qui elle a rédigé un grand nombre de discours officiels qu’il était fier de déclamer sous les ovations dans le pays et à l’étranger.

Elle l’est aussi, ne vous en déplaise, d’un grand nombre d’Algériens depuis des décennies, y compris parmi vos proches. Elle était reconnue par d’éminents intellectuels nationaux et étrangers dès les années 70 et 80, et je suis certain que si jamais nous nous rencontrions vous me diriez (« âalabaliya si Nordine, bessahraktaarafhalat al-askri…).

Vous semblez affligé (personnellement, pas au nom de l’ANP j’espère) par le fait que je « touche à tous les domaines et spécialités, depuis la charia à l’histoire en passant par l’économie, l’astronomie et autres sciences et domaines de connaissance »…C’est à cela qu’on reconnaît le vrai intellectuel et le véritable homme politique, monsieur, et c’est ce qui les distingue des baragouineurs retardataires de la langue de bois.

Je ne sais pas quel est votre grade mais je ne vous imagine pas, moi qui étais « commissaire politique » quand j’effectuais mon service national il y a quarante ans, plus qu’adjudant.

Mais je suis assez réaliste pour ne pas m’étonner que vous soyez déjà général alors qu’on devrait vous renvoyer de « L’Armée » pour cause d’insuffisance dans l’analyse et anachronisme. Je vous verrais bien derrière un canon en train de le régler pour me tirer dessus car vous êtes encore quelques-uns à prendre la liberté de pensée et d’expression pour une atteinte à l’intégrité de l’ANP ou de la haute trahison.

Vous et celui qui vous a enjoint de m’insulter au nom de l’ANP, n’êtes pas l’ANP mais seulement ses employés. Cette institution n’est pas votre bien, mais celui de la nation qui n’a pas placé la force entre vos mains pour que vous la retourniez contre elle, contre les citoyens qui dénoncent le mal et les atteintes à l’intérêt national.

Ni l’État, ni l’Algérie ne sont votre propriété. Nos parts dans la possession de ce pays sont égales et se valent. Nous sommes quarante millions de copropriétaires de l’Algérie. Au-dessus de l’ANP, au-dessus du Président de la République, au-dessus d’une Constitution dans laquelle on peut mettre ce qu’on veut et qui n’a jamais été autant malmenée que durant ces dernières années, juste au-dessous de Dieu, il y a le « peuple souverain » qui n’est pas toujours une abstraction, à qui il arrive de s’exprimer à haute voix à travers l’un ou l’autre de ses fils puis d’autres, de plus en plus nombreux à l’avenir Inchallah.

Je n’ai pas attaqué l’ANP, je ne lui ai pas manqué de respect, je ne lui ai pas demandé de faire un coup d’État contrairement à ce que vous sous-entendez, et je ne commettrai jamais aucun de ces actes non par peur de vos menaces, mais par conviction profonde. Si j’ai eu par le passé quelques déboires avec l’ANP, c’était parce que je m’étais attaqué aux généraux qui la salissaient. Au lieu de me décerner une médaille, on m’a vilipendé et présenté devant un tribunal.

Cette fois, j’ai juste demandé aux militaires en poste ou à la retraite qui ont accepté le quatrième mandat ou vont consentir à un cinquième ou à un scénario du même genre, d’user des vertus de la sagesse d’ici 2019 pour ne pas hypothéquer de nouveau le sort du pays car cette fois les Algériens ne l’accepteront pas. Trop, c’est trop !

Non pas parce que je me prendrais pour Jupiter, mais tout simplement parce qu’ils m’ont reçu, à leur demande, d’innombrables fois au siège du ministère de la Défense nationale pour me consulter sur la situation nationale dans les années quatre-vingt-dix, comme ils le faisaient avec les hommes et les femmes politiques du pays, ce qui n’est une forfaiture ni de part ni d’autres.

En tout état de cause, et en ma qualité de simple citoyen de ce pays, je m’opposerai de toutes mes forces morales et intellectuelles au cinquième mandat ou à un scénario du même genre. À moins qu’un Boumaarafi ne tombe opportunément du ciel pour me tirer dans le dos.

Tout le reste, M. « L’Armée », n’est que procès d’intention et comportement de « parkingueurs ». Point barre.

Par: Noureddine Boukrouh

dimanche 3 septembre 2017

Cheikh Kouka, Une belle voix avec Gallal et Derbouka

اشيخ كوكة

samedi 22 juillet 2017

Un Algérien en Corée du Nord ☭ ☪ جزائري في كوريا الشمالية ⬅︎

Planter des Arbres et Arbustes au lieu d'ériger des murs !

Une idée comme ça, qui me vient juste parce que j'ai vraiment marre d'arpenter et voir des rues d'algérie complètement défigurées et hermétiques, tout pour la voiture et des deux cotés de la rue, de gros et hauts murs en guise de "blindage" des maisons et immeubles ! y aurait il des solutions ? la mienne me parait intéressante : si j'étais un "décideur" au niveau local, régional ou encore mieux national, voici ma proposition : d'abord créer des sociétés mi-privées mi publiques ( ça existe déjà mais pas pour longtemps, le libéralisme passera par la !! ) dans les domaines qui vont accompagner la décision juridique ( donc des lois spécifiques s'imposent ) de sanctionner les propriétaires récalcitrants

- obliger chaque maison ou immeuble ou terrain etc de planter des arbres et arbustes au lieu et place du béton, un moratoire est accordé durant une décennie par exemple pour détruire complètement le mur, parallèlement, encourager ceux qui remplacent leur murs en béton par des grillages à enlever plus tard, mais l'obligation de planter en parallèle est irrévocable !

- faire des interventions par les sociétés en question, les rdv et les factures échelonnées dans le temps et accorder éventuellement des crédits et des formations pour l'entretien des arbres et arbustes ! conclusion : cette proposition permet de juguler en partie le chômage des jeunes, permettre aux mairies d'avoir des rentrées de taxes, un point pour le climat deux points pour l'environnement, et enfin..... le plaisir pour les yeux !

bon c'est vrai que cette proposition n'est pas inspirée de la religion donc difficilement applicable sans volonté politique et l'Etat algérien pense à tout sauf à régler les "petits" problèmes du citoyen, ceci dit, du moment qu'on a une proposition, on la soumet, on ne dira pas que personne n'y a pas pensé !

mercredi 19 juillet 2017

RIP- Blaoui Houari 1926 - 2017

Le chanteur Blaoui Houari est décédé, mercredi matin, à Oran, à l’âge de 91 ans, des suites d’une longue maladie, a annoncé l’agence APS citant une “bonne source”. Le défunt, icône du genre Wahrani et l’une des figures marquantes de la chanson Algérienne, mort aux premières heures de la matinée, avait été contraint de s’éloigner, des mois durant, de la scène artistique locale et nationale.

source TSA

wikipedia