mardi 27 mai 2008

«La mosquée ou le tribunal»

par Kamel Daoud

Pourquoi sommes-nous devenus aussi intolérants? A chaque crise de vocation collective, ce pays trouve la plus tragique et la plus haïssable des formules: «La valise ou la mer», tout juste après l'Indépendance pour chasser les Français qui voulaient être algériens. «La mer ou le cercueil» à l'époque du FIS contre ceux qui voulaient réfléchir ou s'opposer. «La mosquée ou le tribunal», selon un représentant de l'inquisition religieuse, lors d'un procès, à Tiaret, contre une femme qui a choisi le Christianisme après l'Islam hérité.

Pour trouver la réponse, il faut donc creuser. Dire que nous avons été si souvent colonisés, que chaque étranger est pour nous une menace et chaque différence, une trahison, ne suffit plus que pour les historiens. Dire que c'est l'école et son dressage idéologique qui ont fait de nous ce que nous ne sommes pas, nous approche un peu de la vérité. Tout le monde le sait mais personne ne le dit: les égyptianneries des années 70 ont ravagé l'âme de ce peuple, sa langue et son esprit presque autant que la dernière colonisation. La décolonisation populiste aura même fait pire que la colonisation massacreuse. Qu'en restera-il? Un peuple qui n'aime pas qu'on ne lui ressemble pas et qui ne ressemble à personne justement. Aujourd'hui, à l'époque des grands charmes et des appels à l'investissement et au tourisme, le pays de la RADP vient d'ouvrir la chasse contre lui-même. Il s'Iranise avec vigueur, s'isole comme son propre Président dans le soufisme panthéiste, se sabote et cède au ridicule. A la fin, encouragé par son gouvernant principal qui parle comme un imam, par sa télé qui parle comme une barbe et par des partis qui parlent à la place de Dieu, le pays populiste a compris le message: la barbe c'est bon, les autres c'est mauvais, le problème c'est la croix. Dès lors, il suffit de chasser la croix même celle des poteaux, d'arrêter ceux qui lisent la Bible pour passer le temps dans les bus, de crier à la menace de dix églises contre le parc de cent mille mosquées, pour occuper on histoire. A la fin, on arrête une simple jeune femme à qui on offre un choix strict, hideux, loin de l'esprit de cette religion: la mosquée ou le tribunal. Pourquoi sommes-nous devenus aussi intolérants? Parce que nous n'avons rien à faire et que nous sommes terrifiés. Face à la terrible angoisse de la modernité, chacun répond selon ses capacités: pour nous, cela sera par la chasse à la différence.

Et comble dans cette affreuse histoire d'une jeune Algérienne qui risque d'être brûlée (deux fois après l'intervention malencontreuse des Français) sur un bûcher, sous les huées de la peuplade excitée, c'est que cela intervient même où l'Etat affirme, à Nouakchott, par la bouche de notre ministre de l'Intérieur que pour lutter contre le terrorisme, il faut lutter contre l'intégrisme, faire accepter l'altérité, dissocier les religions de leur réduction, expliquer qu'être juif n'est pas être sioniste, être musulman n'est pas être terroriste et être chrétien n'est pas être évangéliste. C'est dire que le paradoxe est de taille: il fait 2 millions de kilomètres carrés et réclame la lutte contre le terrorisme sans la lutte contre les intégrismes de tous bords.

Pourquoi, donc, islamistes, musulmans, laïcs, hystériques ou modernistes, sommes-nous tous devenus aussi intolérants et de la façon la plus ridicule? Parce que nous n'avons rien à faire sur terre sauf se réclamer de Dieu ou des Pouvoirs. Au sud c'est le Sahara, au nord c'est le désert. D'où cette nouvelle mission qui, à la différence de l'Islam des origines qui s'en prenait à deux empires géants, se réclame d'un Islam local qui s'en prend à une jeune femme dans un bus. L'affreuse histoire de «Le nom de l'Islam contre le prénom de Habiba» sur les écrans géants de cette nation, avec le reste de l'humanité pour spectateurs. Dieu! Que faire pour se laver de cette honte de l'âme?


Et Quelques autres slogans....

- Entre la democratie et l'Algerie, je choisis l'Algerie ( dixit, Slimane Amirat, 1992 )

- Pas
d'Algerie sans Tamazight, Revendications pour la langue Tamazight

- Ni
Etat integriste, Ni Etat Policier, Marche du FFS, Alger 1991/1992
-La Mithak La Doustour,
Islam howa el houloul,Marche du FIS, Alger 1988/1991

- No
East, No West, Islam is the Best, ( Activistes Islamistes, Monde )

- Ulac
smah Ulac
( Manifestation kabyle, Alger 2001 )

lundi 26 mai 2008

Berianne et Pouvoir Algerien en Caricatures




Que dire sur les évènements de Berianne quI n'a pas été déjà dit ? pas grand chose, mais on fait pas grand chose non plus pour les eviter dans le futur,reste le fun et la caricature, alors allons y !

Derniers decisions de ZERHOUNI via ECHOUROK

dimanche 25 mai 2008

Quizz lol dz, qui est ce ?

j'ai eu l'idée de ce quizz en visitant la page d'un blogueur maghrebin ( Tunisien )recommandé par medjri que je salue en passant, je me disais tiens et si on jouait à qui est ce ? un peu de culture dz ne nous fera pas de mal, trouvez les noms de ces 5 personnes,dans le desordre, un est Etranger mais habite en Algerie, et un autre, est plutot Algerien mais habitant à l'etranger, deux intellectuels dz, et la voilée, rahimouha allah !! alors à vous !





ILLIZI , le futur grenier de l'Algerie


Le monde est devenu vraimant fou, et ceux qui ne le savent pas sont des bien heureux, ils ne risquent pas de le devenir à leur tour, pensant juste à leur petite personne,en revanche, malheur aux poétes, philosophes ou hommes de culture, l'epoque est trop dure pour eux !
pendant que ces "fous" s'extasient devant les 'plantes' des marches et planches à Cannes pour le Cinema, ou autres futilités bien secondaires, il y'a des scenarios bien trop tristes qui se dessinent devant nous, la famine qui se generalise dans le monde et precisement à notre palier, si c'est pas carrement chez nous !
pourtant, il n'est jamais trop tard pour bien faire, nous avons vecu avant le petrole, et nous vivrons ( on l'espere, c'est pas gagné ) aprés lui, notre pays, contrairement au Japon et bien d'autres contrées prosperes, n'a pas d'idées mais a le sol, l'eau, l'espace et le soleil, à terme nous serons les rares à ne pas nous inquieter pour l'avenir, avons nous conscience de cela ? meme pas, notre jeunesse reve de partir, et nos gouvernants revent de gerer plus de rentes, pendant ce temps, chacun doit vivre et essayer d'etre heureux ! comment ? pour moi, la seule image du reel qui me rend vraimant heureux, c'est de lire et voir verdire notre sahara, et l'info donnée par Horizons, Quotidien gouvernemental certes, me donne l'envie de croire,et si c'etait vrai ?



le debut de la fin du discours identitaire kabyle ?

voila, en lisant l'article sur la Depeche de la kabylie, j'ai tout de suite pensé au titre du billet, qu'est ce que je peux bien mettre qui pourrait resumer ma pensée ?
en tous cas, le journaliste a tout resumé au debut de son papier que je viens de mettre en capture d'ecran, est ce le debut de l'ecrit et un peu moins de blabla ? il faut l'esperer !
lire la suite de l'article

samedi 24 mai 2008

Terrorisme, Condy Rice et les Criquets de Berianne

Personne n'a besoin de la liste des criquets

par Kamel Daoud

Techniquement, la meilleure partie de ce pays n'est pas ce que ce pays a construit après son indépendance, mais ce qu'il n'a pas construit: le désert. Le Sahara, ce chef-d'oeuvre des évaporations strictes. D'où le reste: les étrangers viennent chez nous soit pour le Sahara, soit pour le pétrole, soit pour notre fameuse expérience dans la lutte contre le terrorisme. En dix ans, il est dit et répété que l'Algérie a acquis une plus grande expérience dans la lutte contre le terrorisme que l'Espagne avec son ETA, l'Angleterre avec son IRA et les Américains avec leur Qaïda. Est-ce vrai ? Personne ne sait mais tout le monde le dit.

Pour les plus intelligents, la richesse de l'Algérie dans ce domaine se résume à ses listes et gros fichiers détaillés. Les hommes d'Etat étrangers repartent avec le sourire quand on leur donne une copie, ou bredouillent lorsqu'on la leur refuse. Cela explique pourquoi l'Algérie n'est pas saluée pour sa lutte contre la pauvreté ou le criquet par exemple. Là, elle n'a pas la liste des criquets ni celle des pauvres et personne ne la lui demande pour, par la suite, saluer « son expérience et sa coopération ». Faut-il en vouloir au pays de tirer vanité de ses archives du Mal ? Non. On vend ce que l'on peut dans un pays qui ne produit que ce qu'il n'a jamais fabriqué: le pétrole.

D'où ce télescopage d'opinions entre deux parfaits étrangers, l'un à l'autre: Saïd Sadi, l'un des patrons de l'opposition assise en Algérie, et Condo Rice, l'une des seules femmes à gouverner des chefs d'Etat arabes et à conduire leurs prières sans qu'ils puissent protester. Le patron de l'opposition orale algérienne a eu raison de soulever un paradoxe de taille dans le pays de la RADP: comment un Etat peut-il à la fois être salué par Bush et Rice pour sa grande expérience de lutte contre le terrorisme mondial et ne peut rien faire de plus que regarder ce qui se passe à Berriane, par exemple ? Comment arrive-t-on si facilement à infiltrer le GSPC et à le retrouver dans le désert et pas à retrouver, dans une petite commune, des cagoulés au nombre de vingt ? Comment l'Etat a-t-il trouvé une solution pour ne pas perdre la RADP dès 1992 et aucune pour ne pas perdre Berriane ? Parce que. Selon les plus mauvais, Berriane ne possède pas de pétrole. Possible, mais l'essentiel est quand même sous les yeux. Berriane ne sert à rien. Ni au Américains, ni au réseau Echelon, ni à l'Algérie d'Alger, ni à Rice, ni à la réputation de la RADP. Personne n'y vient, personne n'y vit.

L'Algérie peut donc être saluée pour son expérience dans la lutte contre le terrorisme mondial sans que cela ne remette en cause son échec dans la lutte contre la rwandisation interne. Pourquoi ? Parce que personne ne veut la liste des cagoulés de Berriane, sauf les victimes. Dans le désert, il n'y a rien à admirer, sauf le terrible vide qui laisse entrevoir Dieu. A Berriane aussi, sauf que cela laisse entrevoir l'avenir. C'est ce qu'a dit Sadi, mais inutilement: tout le monde sait qu'il pense trop et seulement lorsque cela l'arrange lui aussi.

jeudi 22 mai 2008

Transformer vous en un gros mechant lion


viayouwild

Proverbes Algeriens en bandes dessinees

ça m'a fait tellement plaisir d'avoir remis la main sur certains proverbes de nos grands meres que j'ai spontanement voulu les mettre au gout du jour par la bande dessinée








mercredi 21 mai 2008

L'actualité internationale en un seul click


si vous ne voulez pas devenir un fou à lier bon pour l'asile à Blida et sortir comme ce pauvre monsieur dans les rues pour applaudir le "tout va bien" de l'officielle ENTV ou le dinosaure de la presse Algerienne El Moudjahid, vous n'avez qu'a faire votre propre revue de presse, mais pas evident de savoir choisir et surtout avoir le tout instantanement et sur la meme interface,
ce lien vient de faire une etude sur les sites d'actualités, plutot Françaises, mais l'internationnal y compris l'Algerie fait evidement partie,
vous n'aurez plus à rater une miette de l'actualitéc et en un seul click !

L'Algérie a vaincu le FIS, pas les intégrismes !



Retour collectif aux tentes


par Kamel Daoud

C'est connu: l'Algérie bascule très vite vers les tentes, à la moindre secousse. Un séisme, beaucoup de pluie, un glissement de terrain, l'été, ou la suite d'un quota de logements insuffisant, il suffit de peu pour que les Algériens perdent les usages de l'urbanité et reviennent en courant vers cet espace du précaire et des résidences prêt-à-porter qui relativisent leur identité, leur croyance, leur progrès et leur condition humaine piégée entre le pacage et le forage des puits de pétrole. Du point de vue de l'anthropologie, il s'agit presque du spectacle d'un peuple qui veut annuler le temps pour mieux l'enjamber, à chaque fois, à chaque crise. C'est dire que la civilisation d'un pays peut se mesurer à la distance qui sépare les tentes, des constructions en dur.

Selon les journalistes présents à Berriane, cette commune située, désormais, dans l'un des quartiers de Bagdad, la petite ville est, aujourd'hui, séparée par une route nationale qui y passe sans s'arrêter, avec d'un côté, comme de l'autre, des tentes abritant des réfugiés. Peut-on être un réfugié dans son propre pays et le faire couler sous ses pieds? Oui, les Palestiniens le savent bien, autant que les Irakiens ou les Libanais. A un enfant de dix ans aujourd'hui, assis au coin droit de la caricature, les mains croisées derrière le dos, l'Algérie est un pays où des hommes encagoulés peuvent fracasser la porte de la maison, vous prendre votre enfance pour lui donner des coups de pieds, y laisser à l'endroit des tremblements et des cris, et vous repousser vers la tente où il fait froid, la nuit et tellement mauvais, le jour. Comme il ne suffisait pas à ce pays d'être bouteflikiste, islamiste, FLNiste, kabyliste, il fallait donc y ajouter de nouveaux produits toxiques comme ibadites, malékites, berbéristes, Mozabites... etc. De tous les cauchemars climatisés que le chroniqueur a pour habitude d'imaginer pour peupler les enfers oisifs de ses incroyances, jamais il n'aurait imaginé que ce pays puisse arriver à cette limite absurde et imbécile: un Etat qui ne sait pas quoi faire, traînant la patte parmi la foule d'un peuple qui fait n'importe quoi. Il est possible pour une peuplade de redevenir sauvage, mais souvent c'est sur les terres d'autrui. Que se passe-t-il donc, aujourd'hui, dans cet endroit de l'Algérie? Personne ne sait. L'essentiel est pourtant évident: l'Algérie n'a pas vaincu les intégrismes parce qu'elle a vaincu le FIS. Sans écoles, sans livres, sans destin et sans utilité, le pays retrouve, peu à peu, ce qui a fait démissionner l'Emir Abdelkader face à sa belle histoire: l'usage des tribus, des tentes comme refuges, de la violence contre soi. Selon les plus fatalistes, si l'Emir n'a rien pu faire contre la fatalité malgré son génie, il ne faut pas s'attendre à ce que le pétrole y réussisse. Aussi larmoyante que puisse être la conclusion, elle s'impose: qui dans ce pays a vraiment le courage de soutenir le regard des enfants de Berriane ou d'ailleurs?