
Devant les fausses ferveurs et autres frétillantes journées d'une fin d'année, je reconnais manquer d'inspiration pour poster un billet, en fait c'est surtout par souci de ne pas faire crever ce blog avant l’heure, par paresse donc mais pas seulement je poste ce qui me parait alors important à l'occasion de cette nouvelle année qui approche à grands pas..
si j'étais au Quotidien d’Oran, j'aurais sans aucun doute évoqué le sujet sous le meme angle que notre chroniqueur Kamel Daoud, à savoir penser l'indépendance pour sa petite personne avant de s'inquiéter pour celle de son pays, qui est tellement dépendant de toute façon, frolant la re-colonisation de fait,
sous prétexte de liberté de chroniques, de dérisions et autres effets de style, Kamel Daoud essaie de camoufler les angoissantes informations bien réelles et actuelles par une sorte de "fiction" et au lieu et place du mot "indépendance" galvaudé plus que de raison en Algérie, il aurait mieux fait de parler d'autonomie, l'enjeu bien réèl que presque personne n'ose évoquer ou n'efleure la question
de quoi s'agit il ?
en décortiquant l'actualité socio politique et économique du Monde, recouper quelques tendances politiques et autres acquis sociaux parfois rapidement et radicalement remis en cause, on constate pour l'Algérien, mais aussi pour l'Européen en général ou l'Américain , notre manque presque irréversible d'Autonomie par rapport aux institutions socio économiques de nos pays, et qui pourtant, inexorablement au train ou vont les choses, ne manqueront pas d'etre au mieux trop insuffisants, au pire, complètement dépassés sinon fatalement caduques,
l'enjeu de l'autonomie de la nourriture avant tout bien sur mais aussi penser prendre en charge complètement sa vie quotidienne, son transport, son eau, son éléctricité, sa santé, son toit, etc, tout cela....... sans dépendre de l'Etat ni de ses institutions ! autant dire revenir à deux siècles en arrière !
on en est trés trés loin, et c'est pourquoi Kamel Daoud ne pourra pas evoquer frontalement le sujet dans un quotidien censé etre de 'large public' déjà si restreint, complétement noyé dans le moule du 'citoyen moderne" avec telephone portable, voiture à crédit, matchs de foot comme préoccupations, et autres projets pour acquérir "la plus grande, la plus belle" sinon la plus grosse, peu importe, vous l'aurez deviné de vous meme, le nom de l'objet, à moins de tomber dans l'obscène,
pourtant, du matin au soir, à commencer par l'eau du robinet qui coule "naturellement" tous les jours, mais d'un coup et paf, prévoir une simple alternative de quelques heures ou meme quelques jours ( bidons en stockage, Saida chez l'épicier ou dépannage à la mosquée du coin, s'avère parfois pénible, mais s'il s'arretait pour des mois ? des années ?
à ma connaissance, les Somaliens n'avaient depuis au moins 20 ans, et n'ont toujours pas d'eau qui coule du robinet,
plus proches de nous, en Libye, malgré les "amis" de l'Otan, on a gouté à l'enfer, bien heureux que leur Kadhafi se faisant rattrapé relativement assez vite pour abréger leur souffrances collectives ( une fetwa d'un imam local autorisant la consommation de chiens, de chats et de rats pour éviter la famine ) information complétement ignorée par tous,
à la place de l'Eau, mettez nourriture, éléctricité, téléphone, voiture, etc, et ne rigolez pas, il suffit juste d'aller vous aventurer chez quelques villageois de nos montagnes ou de nos déserts ( hacha notre vénérable sahara ) pour vous apérçevoir que cela n'est pas de la fiction à la Kamel Daoud, mais bel et bien la réalité de l'Algérie de 2011 et au dela, n'en deplaise à sa fakhamatouhou et autres escrocs de de premières et secondes mains,
alors que faire ?
il n'y a pas 36 solutions, la plus simple et hélas la plus probable, c'est la politique de l'autruche, aprés tout, l'Algérie était colonisée par la France durant 132 ans, meme s'il y'avait evidement des soulèvements réguliers, l'immense majorité des gens, s'était adaptée à une colonisation, au point qu'en 1954, le mot independance etait une chimère imprononçable et il aura suffit pourtant à 22 singes ( dixit Mohamed Boudiaf ) pour nous sortir le bec du sable ……mais pas pour longtemps !
ps
Pour information, les medias officiels Français commencent déjà à préparer les moutons fr en guise de "citoyens téléspectateurs", mardi 3 Janvier France2 diffusera une émission trés opportune, intitulée ” Une semaine sans électricité”, de quoi dresser quelques oreilles attentives.


Kamel Daoud
Je l’avais compris très tôt : ce pays n’est pas fait pour tous, mais pour chacun.
Donc, j’ai fait en sorte de ne pas dépendre de l’Indépendance.
J’ai acheté d’abord un lot de terrain et j’ai construit une maison. Jeme suis dit, je n’ai pas à attendre que ce régime me logeen me donnant l’impression, détestable et à vie, que jeloge chez lui dans sa propriété. Sauf qu’avec ma maison,il fallait résoudre ce que l’Algérie avait à résoudre en 62,à l’an zéro avec zéro moyen. C’était normal : chacun devaitassumer et assurer son indépendance : l’Algérie en
62, moi en propriétaire. Donc, j’ai creusé une bâche d’eauet j’ai installé une citernesur le toit de ma maison. C’étaitune manière. Avoir de l’eau, tout le temps, sans dépendredu temps, de l’Etat est le premier geste de l’humanité quand elle descend de l’arbre et du cheval. Trouver l’eauest ce qu’a fait Ibrahim, Moussa et Mohammed et RobinsonCrusoé. Ensuite, je me suis dit que ce n’était pas labonne solution, ni la solution définitive. J’ai donc creuséun puits dans mon jardin. J’ai trouvé de l’eau et je l’ai nationalisée, puis privatisée puis pompée. C’était réglé
et personne ne le savait chez mes voisins. Et le reste ? Cela a suivi. Avec l’électricité qui devenait rare en été,j’ai acheté un groupe électrogène. Ainsi, je n’avais pas
besoin de l’Etat et de son indépendance pour être indépendant électriquement. Avec l’eau et l’électricité, j’étais déjà à la moitié de mes accords d’Evian personnalisés. Je me libérais. Ensuite, j’ai mis mes enfants dans une écoleprivée, j’ai installé mon propre dos-d’âne devant ma propre maison et des bornes en ciment pour interdire le stationnement des autres, leur présence, leurs poids et leurs regards. J’ai pour ami un médecin qui possède un bateau de pêche et une clinique. Cela m’assure la médecine sans l’Etat et le poisson heureux. J’ai aussi une voiture qui a de gros pneus, une 4x4, qui n’a pas besoin des routes de l’Etat ni de l’Indépendance et qui peut rouler où je veux et pas où veut l’Etat. Ensuite, j’ai ouvert un commerce, puis deux. Ainsi, je n’avais pas besoin de salaires chaque fin de mois. C’était moi qui en donnais aux autres. Ensuite, j’ai installé une antenne parabolique, puis deux. Ainsi, je n’avais pas à regarder la télévision de l’Etat ni ce qu’elle disait sur l’indépendance. Et puis ? J’ai eu mon potager, mes légumes chez un fournisseur privé, mes voyages pour m’approvisionner, mes livres achetés ailleurs, ma façon de croire qui était différente de celle des autres et qui n’égorgeait personne. Et aussi mes chaussures neuves, ma piscine, mes fleurs, ma propre langue nationale, une histoire qui remontait à mes propres ancêtres et enjambait les ancêtres des autres. Et aussi ma cuisine nationale avec ma femme nationale avec qui je pratiquais mon propre code de la famille. Secrètement, discrètement, j’ai acheté un fusil de chasse pour assurer ma sécurité nationale contre les sangliers nationaux. J’ai mis un protège-cahier mauve à mon passeport pour le personnaliser. L’Etat ne me sert à rien, même pas pour surveiller ma voiture quand je stationne puisque c’est un Algérien avec un gourdin qui le fait. Quand j’ai besoin de quelque chose chez l’Etat, j’ajoute 1000 DA à ma demande, pour l’Algérien qui est en face de moi et cela règle mon problème mieux que l’indépendance et la constitution. L’indépendance fonctionne mieux un par un, que tous par tous».
«…

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1 commentaires:
Enfin un site utile et convivial. Bravo Bravo
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