vendredi 24 novembre 2017

En face de Boudjedra, il n y avait pas El kadi Ihsane, il y avait un âne !

j'essaie de suivre la suite de l'épisode Boudjedra- El kadi Ihsane, et voilà une doctorante machallah qui ne décolère pas de l'intervention de....Boudjedra ! franchement, ta lettre n'est pas du tout convaincante Mlle, le sujet principal de Boudjedra ce sont nos "écrivains faussaires ou/et révisionnistes" et non pas la reine d'Angleterre, Mugabé ou je ne sais quel sujet annexe, Boudjedra est trop fort pour cette nouvelle génération de pseudo intellectuels qu'on le veuille ou pas, et sa prétendue 'vulgarité' que vous lui attribuez et bien ma foi, c'est une.... qualité ! lol retourne à votre amphitheatre pourri ya mademoiselle !

Lettre d'une enseignante de littérature à l'université de Béjaïa à Rachid Boudjedra

LETTRE À M. RACHID BOUDJEDRA, LE CONTREBANDIER DE LA SCÈNE LITTÉRAIRE ALGÉRIENNE

Décidément Monsieur Rachid Boudjedra n’en finira pas de nous scandaliser et de nous provoquer des ulcères à chacune de ses sorties médiatiques. Je me suis retenue à chaque fois de réagir négativement, me disant qu’il avait le droit d’exprimer ses idées, aussi affligeantes soient-elles, et que nul n’avait le droit de museler la parole d’autrui, comme le font ses détracteurs et critiques qui lui tombent dessus à chaque fois et le traitent de tous les noms. Cependant toute chose a ses limites, et la limite a été franchie cette fois-ci lors de cette malheureuse interview que Boudjedra a accordée à Radio M le 22 novembre 2017.

Monsieur Rachid Boudjedra,

Je m’adresse à vous dans ce texte pour vous exhorter à vous taire en tant qu’intellectuel, parce que vous n’incarnez en rien l’idéal de l’Intellectuel tel qu’il a été forgé depuis le combat épique d’Emile Zola lors de l’affaire Dreyfus. Ne soyez surtout pas choqué de l’audace que je prends à vous dire ceci ! Oui je m’arroge ce droit de vous le dire car je suis votre lectrice assidue, et je fais partie de ce public auquel vous vous adressez et à qui vous devez rendre des comptes de vos dérapages. Je m’autorise à vous parler ainsi parce que je suis sûre de mon objectivité envers vous et que je n’ai aucun autre intérêt à vous clasher à part le désir ardent de vous dire vos quatre vérité et de vous mettre face à vos responsabilités…

Sachez que cet écrit aussi incendiaire que sincère vous est adressé par une petite enseignante de littérature dans une petite université algérienne : l’université de Béjaia. Je n’ai cessé d’admirer depuis des années votre écriture, et je fais de mon mieux pour réaliser des travaux dessus. Par exemple, rien qu’en septembre passé, j’ai participé à un colloque international à l’université d’Alcala de Madrid où j’ai présenté une communication sur l’un de vos romans. Donc M. Boudjedra, puisque je vous lis, je vous suis, je vous décortique et je vous analyse dans tout ce que vous apportez comme création esthétique en tant qu’écrivain, souffrez je vous prie de m’entendre vous exprimer mon ras-le-bol et mon dégoût extrême des insanités que vous ne cessez de déverser sur notre scène littéraire et politique ces derniers temps !

Vous tirez sur tout ce qui bouge et pense autour de vous ! Lorsque vous critiquez vos semblables vous ne le faites ni avec art, ni avec classe et encore moins avec tact, diplomatie ou humanisme ! Quel est donc ce mal qui vous ronge cher écrivain ??

Vous prétendez critiquer les autres alors que vous ne faites qu’insulter, jacasser et verser un fiel qui vous déshonore !

Vous prétendez instaurer un débat littéraire alors que vous ne faites qu’empester l’atmosphère et enliser le débat dans les caniveaux, chose malheureuse pour la vie intellectuelle algérienne !

Ce qui m’a encore plus scandalisée dans vos propos ce n’est point votre arrogance et mégalomanie auxquelles nous nous sommes, hélas, habitués… mais c’est l’abîme de l’ignorance dans lequel vous pataugez ! Oui je dis bien ignorance et je vais vous le démontrer ci-dessous :

Soit vos connaissances en systèmes politiques sont vraiment déficitaires, soit vous êtes animé de mauvaise foi ! Je ne saurais admettre qu’un écrivain comme vous confonde et ne sache pas faire la différence entre les systèmes démocratiques anglais et allemand et les dictatures sanguinaires africaines ! Monsieur Boudjedra, dites-moi que vous n’étiez pas sérieux quand vous pestiez contre ceux qui n’ont vu que Mugabe, dictateur du Zimbabwe âgé de 93 ans, et qui ont fermé les yeux sur la reine d’Angleterre qui ne veut toujours pas quitter le pouvoir à l’âge de 91 ans, ou encore cette « vieille » Angela Merkel qui aspire encore à exercer le pouvoir à l’âge de 63 ans !!!! Je cite vos mots !

Avant de poursuivre avec votre grave confusion, je m’arrêterai un instant au niveau du langage ordurier que vous nous imposez dans vos « débats » bien hauts en couleurs. Qualifier de « vieille » une grande dame comme Merkel, dont aucun de nos dirigeants n’arriverait à la cheville, me parait navrant de la part d’une personne qui prétend être imbue de philosophie et qui se prévaut d’un haut niveau intellectuel ! Mais on dirait que ce langage est votre seule ressource quand vous manquez d’arguments : j’ai déjà eu mon lot de chocs quand j’ai lu dans Les Contrebandiers de l’Histoire la façon dont vous traitez nos écrivains algériens de « psychopathes avérés » (p. 86), et dont vous les citez en les affublant de l’expression péjorative « de tels individus » (p. 87)… Oui M. Boudjedra, c’est devenu presque chose normale que le langage ordurier soit toujours convoqué pour venir à votre rescousse dans vos discours censés émaner d’un intellectuel ! C’est triste pour vous !

Je ne sais pas… Peut-être confondez-vous entre vie réelle et littérature ? Vous parleriez donc comme parlent vos personnages détraqués que j’adore, soit dit en passant ? J’aurais excusé la chose si c’était un de vos personnages qui déblatérait ainsi… je lui aurais trouvé l’excuse de la fiction, qui absout tout ! Mais là… nous ne sommes ni dans les dédales du métro parisien, ni dans les couloirs des hôpitaux psychiatriques ! (je fais allusion à vos romans pour ceux qui n’ont pas compris). Nous sommes dans un débat entre intellectuels ! Haussez le niveau de grâce !

Pour revenir à votre maitrise douteuse des systèmes politiques, j’ignore jusqu’à cet instant comment vous avez réussi à mettre sur un pied d’égalité ce qui se passe sur les scènes politiques africaine et européenne. Donc pour vous les dictateurs africains, qui s’éternisent au pouvoir et qui massacrent la moitié de leurs populations et de leurs opposants pour ne rien déranger de leurs petits plaisirs et caprices, ne diffèrent en rien de la reine d’Angleterre qui n’est reine que de façon symbolique et honorifique, et qui n’exerce aucune activité hormis les petites bagarres entre belles-mères trop grincheuses et belles-filles trop rebelles… sans oublier son rôle, tout aussi honorifique, de chef de l’Eglise anglicane hérité de son prestigieux ancêtre le roi Henri VIII !

Vous reprochez à ceux qui se félicitent de la chute de Mugabe d’oublier la longévité d’Elizabeth II sur le trône de Londres ! Et vous vous en indignez ! J’applaudis la perspicacité politique ! Savez-vous seulement que le temps du fameux « L’Etat c’est moi » de Louis XIV est révolu et à jamais oublié dans l’Europe contemporaine ?

Je ne sais si je dois vous faire l’affront de vous prodiguer une leçon sur le système monarchique parlementaire qui est en vigueur au Royaume Uni depuis des siècles ! Dois-je vraiment vous faire cet exposé et vous apprendre qu’en Grande-Bretagne (et dans toutes les monarchies européennes) ce n’est pas le Roi ou la Reine qui gouvernent, mais bien le premier ministre à la tête d’un gouvernement élu par le peuple et face auquel il y a un parlement redoutable qui se porte garant de la démocratie et se veut protecteur des intérêts du peuple ? Est-ce seulement le cas dans les dictatures africaines dont le fonctionnement macabre nous a si bien été représenté par ces monstres de la littérature africaine dont je cite Ahmadou Kourouma, Soni Labou Tansi et tous les autres écrivains que vous connaissez certainement mieux que moi ?

Je suis choquée de vous voir vous préoccuper de la longévité au pouvoir de ces grandes dames encore debout, possédant toutes leurs facultés physiques et mentales, et dirigeant dignement des superpuissances mondiales, alors que nous ne vous avons point entendu proférer un soupçon de désapprobation concernant le président Bouteflika qui a totalisé quatre mandats volés à la volonté populaire (pour les deux premiers) et obtenus au prix d’un abject viol de la constitution algérienne (pour les deux derniers)… Vous restez étrangement muet ‒ vous qui êtes si bavard ailleurs ‒ à propos d’un président qui n’a de président que le nom, qui ne parle pas à son peuple, qui ne dirige rien, qui ne décide de rien, et dont l’état de santé est devenu le fonds de commerce du clan présidentiel qui joue avec le destin de l’Algérie ! M. Boudjedra vous ne trouvez rien d’anormal à ce scénario ubuesque ! Vous trouvez du temps et de l’énergie pour vous moquer d’Angela et d’Elizabeth alors que nous sommes la risée des nations ! Est-ce cela la position digne d’un intellectuel ?? Un peu de retenue de grâce !

Dans votre débat radiophonique, vous n’avez pas répondu à la question d’El-Kadi Ihsane sur le fait que si la brèche du révisionnisme a été ouverte c’est à cause, entre autres, de Abdelaziz Bouteflika qui se soigne à l’Etranger, et de tous ces présidents algériens qui ont mendié des soins chez les ex-puissances coloniales, trainant ainsi dans la boue la souveraineté nationale ! Vous avez fui cette question M. Boudjedra ! Et ce n’est que sur l’insistance de votre interviewer que, acculé, vous avez à peine balbutié et admis du bout des lèvres que vous n’êtes pas d’accord avec le fait que Bouteflika se soigne à l’Etranger et que vous aviez dénoncé cela… C’est tout ! Aucune indignation de votre part ! Aucune pensée pour notre peuple qui crève dans nos hôpitaux-abattoirs ! L’animateur vous a bien fait l’énumération honteuse : Boumediene qui se soignait à Moscou, Chadli à Bruxelles, Zeroual en Suisse, et Bouteflika au Val de Grâce... Ne sont-ce pas là les contrebandiers de la santé publique ? Les contrebandiers de la politique algérienne ? Les champions de la démagogie et du nationalisme à deux balles ????

Pas un mot de votre part ! Le courage politique vous manque-t-il à ce point ??

Et comme pour achever de nous convaincre de votre allégeance à ceux qui se sont accaparé l’Algérie au mépris de la volonté populaire, vous finissez par glorifier Said Bouteflika dont vous saluez le «courage» de venir vous soutenir au sit-in devant l’ARAV alors que d’autres ont eu la trouille ! Rien que ça ! Comme si Said Bouteflika avait besoin de courage pour entreprendre une action quelconque… Et lorsque l’animateur vous rappelle tout le mal qui a été fait à notre pays par le frère du président et son clan, vous bredouillez que vous n’en savez rien… et que son soutien vous a touché, et qu’il est venu comme un citoyen ordinaire… Puis, en criant comme un hystérique, vous vous mettez à reprocher à l’animateur le fait qu’il ne soit pas venu vous soutenir devant l’ARAV… Et vous criez à tue-tête que vous étiez le premier opposant en 63… mais que vous avez regretté votre opposition à Boumediene (??!!)… et que vous êtes communiste… et que vous êtes le meilleur artiste… le plus grand critique… sans oublier toutes les fois où vous avez proclamé votre athéisme alors qu’on vous a entendu ailleurs réciter la Chahada, vous déclarer musulman… Dieu du ciel arrêtez M. Boudjedra ! Comment tant d’incohérences peuvent-elles élire domicile au sein d’un même homme ?? Soyez ce que vous voulez, c’est votre liberté la plus totale… mais de grâce ! Un peu de cohérence et d’honnêteté envers vous-même et envers nous ! Et avec toutes ces contradictions surréalistes vous osez descendre en flammes des écrivains qui ont le mérite, eux au moins, de maitriser leur sujet et de savoir ce qu’ils veulent et ce qu’ils disent !

Trêve de ridicule M. Boudjedra ! J’avais honte de vous écouter vous savez !

Oui M. Boudjedra… Je vous écoutais et j’avais du mal à admettre que celui qui vociférait d’une manière si pitoyable était bien le créateur de L’Escargot entêté… de Topographie idéale pour une agression caractérisée… du Vainqueur de coupe… de La Répudiation… Mon affliction n’avait pas de limites ! Vous rendez-vous compte seulement des abysses de l’opprobre où vous vous êtes laissé couler ?

Vous savez, votre situation me prouve, on ne peut mieux, la pertinence de la théorie de Marcel Proust développée dans son célèbre Contre Sainte-Beuve (1954) sur la distinction entre le Moi Social de l’écrivain et son Moi Profond !

Cette citation s’applique admirablement à votre cas : «L’homme qui fait des vers et qui cause dans un salon n’est pas la même personne». Comme il a raison finalement ce grand Proust !! Votre Moi Social si détestable et dont le discours patauge dans la fange n’a rien à voir avec votre Moi Profond créateur et virtuose du Verbe ! .../...

Par défaut Lettre d'une enseignante de littérature à l'université de Béjaïa à Rachid Boudjedra (2/2) Me concernant j’adore et j’admire votre Moi Créateur qui a innové et enrichi la littérature algérienne d’une esthétique révolutionnaire ! Je n’hésite pas une seconde à estimer que vous avez surpassé les Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute, André Breton et tant d’autres novateurs du XXème siècle ! Oui M. Boudjedra, vous voyez comme je suis objective envers vous et fais bien la part des choses… Mais voilà, ce qui me pose sérieusement problème c’est votre Moi Social : dès que vous sortez de vos livres vous tombez droit dans l’ignominie de Said Bouteflika, et moi je perds du coup mon alacrité de François Hollande !!! (C’était la pause sourire ! Lol !)

D’ailleurs tenez ! Savez-vous que mon cours de cette semaine va porter sur vous et sur votre œuvre ? Savez-vous qu’à un moment donné j’ai dû lutter contre mon indignation et ma subjectivité qui me dictaient de vous rayer de mon programme ? Mais non… je n’accepte pas de tomber dans le piège de la malhonnêteté intellectuelle que je ne cesse de dénoncer. Je vous enseignerai à mes étudiants, et je leur ferai découvrir votre œuvre fulgurante ! Vous êtes un écrivain incontournable de notre littérature, n’en déplaise à tous ceux qui vous haïssent ! Il me semble que c’est plutôt vous qui êtes animé d’une haine indicible et incompréhensible !

A cette occasion, je rends un hommage particulier aux écrivains que vous avez insultés et qui, à ma connaissance, ne vous ont pas répondu, qui par respect pour votre statut d’ainé, qui par indifférence, qui par dédain, qui par hauteur… A part la réponse bien compréhensible que vous a faite Yasmina Khadra, et l’attaque en justice légitime intentée par Kamel Daoud, nous n’entendons ni insultes, ni grossièretés ni violence sur la scène littéraire algérienne si ce n’est celles qui émanent de vous ! Permettez-moi SVP de vous faire une petite suggestion : vous venez de publier un nouveau roman, La Dépossession, c’est magnifique ! Je vous suggère une idée pour votre prochain roman : écrivez La Désintoxication ! Oui M. Boudjedra, désintoxiquez-vous de Kamel Daoud qui vous donne des insomnies… de Boualem Sansal qui poursuit tranquillement son chemin sans même se tourner vers vous… Désintoxiquez-vous de grâce de votre Haine qui va finir par vous consumer !

Pour terminer, je vous invite à bien méditer la fin de La Recherche du temps perdu de Marcel Proust, lorsque, dans le dernier volume Le Temps retrouvé, le protagoniste aboutit enfin à la découverte de son Moi Profond et qu’il s’écrie avec enthousiasme : «la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réelle, c’est la littérature». Il me semble que c’est ce qui s’applique à vous: Je vous exhorte à sauver ce qui vous reste de prestige sur la scène littéraire algérienne. Immergez-vous dans votre littérature et n’en sortez plus !

L’expérience a prouvé que votre Moi Social ne fait que des dégâts. Qu’il se taise !

Seul votre Moi Profond vous sauvera cher écrivain ! Qu’il s’exprime donc !

Malgré toutes les horreurs que vous avez lues, sachez que c’est avec une grande sincérité et un profond respect que je vous les ai écrites.

Et vous êtes libre de me croire ou pas…

Mon respect à l’Écrivain que vous êtes. Sabrina Zouagui tweeter

Aucun commentaire: